En cette période de vacances et de chaleur, beaucoup de personnes, particulièrement les enfants aiment se baigner, sans aucune précaution dans des eaux pas toujours saines. La bilharziose est la cause de beaucoup de stérilité dans nos contrées et d’autres maladies.
La bilharziose est une maladie qui affecte en grande partie les riverains, les personnes en contact avec les eaux stagnantes. La Cystose (cysticerque) est un vers qui rentre dans la peau de sa victime et se localise au niveau du bassin, la base supérieure des organes génitaux et provoque des microtraumatismes des organes génitaux.
Le Dr Zenafaon Wattara, chirurgien, urologue à l’hôpital Gabriel Touré, explique que la bilharziose est une maladie qui s’attrape exclusivement en contact avec l’eau abritant le parasite, cysticerque, le vers responsable qui après s’être logé sous la peau de la personne va faire son cycle avant de manifester les premiers signes.
La bilharziose sévit au Mali surtout chez les populations qui habitent au long des fleuves à Manantali, dans les plateaux Dogon et dans les zones aux retenues d’eau. Dr Wattara souligne que la bilharziose peut se manifester par la présence de sang dans l’urine qui est la forme visible mais il existe également la forme digestive qui est détectée à travers des analyses microscopiques.
Aux dires du médecin, beaucoup de personnes se font infectées pendant leurs vacances dans les lieux où la maladie est courante mais c’est bien après qu’elle fera sa manifestation, c’est-à-dire à compter de 3 à 4 mois pour que le vers suive son cours.
Le taux de prévalence de la bilharziose est élevé dans notre pays même s’il est difficile pour l’urologue de nous sortir un chiffre exact de la carte sanitaire du pays. Parmi les patients qui viennent consulter le service d’urologie de l’hôpital Gabriel Touré, la bilharziose occupe 3 à 4 % des cas de maladies chez les patients ; d’autre part, il y a ceux qui préfèrent aller consulter les tradipraticiens ou faire de l’automédication.
Les sujets qui sont les plus exposés à l’infection du parasite, sont les paysans, les ménagères, les bergers et autres personnes en contact avec l’eau. Et lorsque la maladie n’est pas traitée ou mal soignée, la personne a des chances d’avoir des maladies comme le cancer de vessie, l’insuffisance rénale, la stérilité, une dénaturation des trompes, des ovaires, etc. Cette maladie n’est pas héréditaire, elle ne se contracte pas à travers l’usage des toilettes ou le partage des serviettes.
Mais certains préjugés des populations d’une localité voudraient que la présence de la bilharziose chez un enfant soit assimilée au cycle menstruel chez la jeune fille. Chose qui les pousse à ignorer la maladie et croire que lorsqu’un jeune garçon n’a pas contracté cette maladie, il peut ne pas enfanter à l’âge adulte. Un des signes de la présence du vers dans l’eau peut être le besoin de se gratter la partie de la peau après la sortie du bain.
Selon le Dr Wattara, la meilleure des préventions à la bilharziose serait que les chercheurs parviennent à trouver un vaccin, ce qui lui semble la seule solution à cause de la nécessité pour certaines personnes à évoluer dans les eaux.
En effet il s’agit pour eux de l’exercice de leurs activités économiques quotidiennes. Mais ces travailleurs peuvent se protéger comme l’a indiqué Dr Zenafon Wattara : « L’eau c’est la vie, mais elle est aussi l’endroit où s’attrapent certaines maladies. Aussi il faut en faire une utilisation intelligente. Pour les éleveurs, agriculteurs, pêcheurs, ils peuvent porter des bottes qui les viennent au niveau des genoux pour se protéger d’éventuelles piqûres, les gens peuvent porter des combinaisons pour les baignades ».
Sans oublier qu’il faut accorder une attention particulière aux enfants qui aiment jouer dans les caniveaux et dans les eaux stagnantes de pluies, ce qui peut être pour eux une source de contraction du mal.
Khadydiatou Sanogo
Le Républicain du 07 Juillet 2010.
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